Taisen
Chapitre 3: -Transformation-
Je reculais toujours plus jusqu'à me retrouver dos au mur. Jason se rapprochais également, je pouvais entendre sa respiration saccadée et les grognements plaintifs qu'il émettait. Il caressa mes cheveux et prit mon menton dans sa main livide et tremblante. Je me dégageais aussitôt de son emprise et le repoussa violement pour rejoindre la porte en courant. Dans mon empressement, je tombis par terre. Malgré la douleur et le dégout que m'inspirait le sol moite, humide presque trempée, j'entrepris de ramper jusqu'à la porte qui avait l'air si loin. Tous à coup, une main saisit ma cheville m'empêchant d'avancer.
« -Gladys...Je t'ai enfin retrouvé, Gladys... »
Sa voix était faible comme celle d'un enfant apeuré, mon c½ur se souleva. Je ravalais mes larmes et gesticulais pour tenter de lui faire lâcher prise mais en vain, il me serait fermement. Il se redressa alors et saisit mon poignet.
« -Lâche-moi ! » Hurlais je a pleins poumons, mais il ne déserra pas son étreinte pour autant. Au contraire il l'accentua.
« -Ne bouge pas ! m'ordonnât-il en crachant. »
Je n'avais pas l'intention de lui obéir. Aussi, je me débattais avec force. Je réussis à lui donner un coup de genoux au visage. Je me précipitai vers la porte en courant. Je l'entendis murmurer, derrière moi :
« -Çà tu vas le regretter... »
Un frisson de terreur me parcourut. Je vis sa silhouette se pétrifier et remarquai que ses jambes tremblaient. Un terrible grognement retentit. La tête de Jason s'allongeait. Des poils apparaissaient sur son visage et ses main ses recourbaient pour former des pattes dotées de griffes. Le monstre se cambra en faisant claquer sa longue mâchoire. Il s'élança alors dans ma direction. Il approchait rapidement, courant, bondissant. Oui, c'était de la folie qui se lisait dans ses yeux... L'ivresse du sacrifice, l'excitation du sang le transportaient de joies vicieuses... Oui, mon frère n'avait plus rien d'humain. Je pouvais sentir sur mes joues le souffle fétide de ses pulsions meurtrières.
Les yeux grands ouverts, je le regardais fondre sur moi. Des qu'il aurait franchit la distance qui nous séparait, je mourrais. Je le savais, mais j'étais incapable de bouger. Je cru sentir mon sang refluer dans mes veine et perçut un roulement de vague dans mon corps. Déjà, la créature s'élançait pour me tuer. Je fermais les yeux térrifiée...
Par réflexe de survie, je mis mes bras, en croix devant mon visage pour me protéger. A peine quelques secondes plus tard, une atroce douleur envahi tout mon bras droit. J'hurlais de douleur tandis que les crocs de mon assaillant s'enfonçaient de plus en plus dans ma chair, atteignant presque les os ! De mon autre bras, j'essayais de le repousser mais il ne bougeait pas d'un poil. Ma peur laissa soudain place à la haine et à la rage, je ne voulais pas mourir ! Je rassemblai tout mon courage et le peu de force dont je disposais et envoya un coup de poing au monstre qui s'était emparé de mon frère.
Contre toute attente, il fut propulsé jusqu'au mur opposé. Sa tête ayant claqué durement contre la paroi, il resta sans connaissance. J'en restais bouche bée, que s'était-il passé ? Pendant que mon rival reprenait ses esprits, je tentais de reprendre mon calme. Mes mains n'avaient de cesse de trembler comme tout le reste de mes membres, d'ailleurs.
Je poussai alors un cri d'horreur, des longs poils noirs avaient poussés sur mes bras et mes doigts se finissaient pas des griffes acèrées. Je portai, hésitante mes mains, ou dois je dire plutôt mes pattes à ma tête remontant à mes cheveux. Mon cri de terreur résonna dans toute la pièce. Je remarquai que d'innombrables craquelures zébraient le dos de mes mains, et des croute s'en détachaient. Sous ces blessures, apparaissaient une multitude de poils courts. Mon corps était devenu une abondante toison noirâtre.
Mes ongles devenus des griffes... Ma peau couverte de poils comme un fauve...
« -C'est pas vrai... qu'es qu'il m'arrive ? » Criai-je.
Sous mon t-shirt en lambeau, mes bras m'apparurent étrangement courbes, comme les pattes d'un chien ou d'un chat.
« -Merde ! Mais, c'est quoi çà ! »
Mais ce n'était plus ma voix, c'était le cri d'un monstre qui se fesait entendre.
...J'étais devenu comme eux, un monstre... Puis... le néant... encore...
...Je ne sais plus... très bien ce qui c'est passé... après çà...